EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Instruments anciens, luths, théorbe, vihuela, guitare renaissance et guitare baroque.
Avatar de l’utilisateur
Roger Traversac
Messages : 431
Inscription : dim. 09 novembre 2008, 15:36

EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar Roger Traversac » sam. 13 décembre 2014, 22:56

" EN ME REVENANT " LORD HERBERT OF CHERBURY'S LUTE BOOK ANONYME. LE COMPOSITEUR D'ORIGINE SERAIT DANIEL BACHELAR. THE COMPOSER SHOULD BE DANIEL BACHELAR. MANY VERSIONS.PLUSIEURS VERSIONS (Board, Pickeringe, Fuhrmann, Herdringen, Brahe, Bésard, Cosens, Trinity, Phalèse, Stobaeus...) sans oublier celle de Jakob Polak/ Without omitting the one by Jakob Polak et/and Swit Sant Nickola (Rowallen Lute Book)

" EN REVENANT DE SAINT NICOLAS ", fête estudiantine de la Renaissance... les aventures mouvementées d'un étudiant en revenant de cette fête/ The adventures of a student coming back from Santa Claus' feast.
Comme on représente fréquemment les trois petits enfants tués par le boucher dans un saloir qui a la forme d'un tonneau, Saint Nicolas est devenu, ,entre autres, le patron des tonneliers et des rouleurs de vin.

Ci-joint la tablature pour luth Renaissance. Le 8ème choeur est en mi bémol avec un luth Renaissance en sol. Le septième choeur est sans surprise en fa.
J'ai entendu cela pour la première fois sur un CD de Paul O'dette " Lord Herbert of Cherbury's Lutebook " pour luth à 10 choeurs mais certaines pièces, comme celle-ci, sont pour un 8 choeurs.
Bien amicalement, Roger
Vous ne pouvez pas consulter les fichiers insérés à ce message.

Avatar de l’utilisateur
Roger Traversac
Messages : 431
Inscription : dim. 09 novembre 2008, 15:36

Re: EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar Roger Traversac » mer. 23 novembre 2016, 22:12

Apport intéressant : Dans le livre " Les escholiers du temps jadis "(librairie Armand Colin Paris) de A. Robida (1907) on trouve ceci :
" L' Université, à l'exemple du chapitre de Notre-Dame célébrait une fête des fous le 5 décembre de chaque année, VEILLE DE LA SAINT-NICOLAS.
Maîtres et étudiants, réunis pour la burlesque cérémonie, procédaient comme à Notre-Dame à l'élection d'un évêque des fous. Et la bacchanale commençait, les maîtres sans doute rentrés discrètement en leurs sévères logis et des fenêtres des collèges regardant passer la saturnale écolière.
L'évêque des fous, crossé et mitré, revêtu de ses ornements, s'en allait faire visite officielle au Recteur, à la tête d'une bande gesticulante et chantante, sous des oripeaux bariolés, escholiers jeunes ou vieux déguisés en femmes avec des hennins gigantesques ou travestis en animaux fantastiques, se donnant toute licence dans leurs propos, se permettant même les plus scandaleuses parodies et les plaisanteries les plus grossières.
Errant ainsi dans la ville universitaire, allant des cabarets aux églises, où quelques uns, pendant que l'on parodiait les cérémonies et les chants du culte, se permettaient au fond des chapelles de vider des flacons et de faire rouler les dés, la procession de l'évêque des fous donnait forcément lieu à des querelles et à des rixes avec les bourgeois ou avec le guet.
Des injures au guet, une bagarre avec les sergents, cela rentrait dans le programme des plaisirs traditionnels de ce jour de fête. C'était aux sergents du guet de se garer, ou, s'ils se trouvaient de trop mauvaise humeur, de marcher en nombre. Une fois, en 1365, rencontrant le soir dans les ruelles le cortège aviné de l'évêque des fous qui menait trop grand tapage aux dépens des fenestrages et du mobilier des cabarets, le guet, au lieu de gagner
prudemment des carrefours plus tranquilles, regimba sous les injures et tomba sur les escholiers.
L'évêque et son cortège, bousculés, mis en déroute, s'enfuirent sous l'attaque jusqu'aux écoles de la rue de la Bûcherie, où ils se barricadèrent. Mais les sergents enfoncèrent les portes et, après une rude bataille, firent quelques prisonniers qui furent écroués au Châtelet.
Grand remue-ménage le lendemain dans l' Université, indignée de cet attentat contre ses privilèges. Devant les réclamations énergiques des hauts dignitaires, le guet fut complètement désavoué, déclaré dans son tort, les escholiers furent relâchés et les sergents condamnés à faire amende honorable. "
cela évoque parfaitement le climat de cette exceptionnelle pièce musicale et surtout le lien direct avec Saint-Nicolas est expliqué. Bien sûr, nous connaissons tous " la fête des fous " avec Notre-Dame de Paris de Victor Hugo. Rien n'a changé sur notre calendrier quelques 650 ans après ...
la saint Nicolas est toujours fêtée un six Décembre ! Dans quelques jours ...
Amicalement vôtre,
Roger

Avatar de l’utilisateur
Isabelle Frizac
Modératrice
Messages : 14477
Inscription : sam. 18 février 2012, 23:55
Localisation : Val d' Oise

Re: EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar Isabelle Frizac » mer. 23 novembre 2016, 22:44

Saint- Nicolas, toujours fêté en Lorraine, lors de défilé dans les rues , avec le père fouettard , bien sûr , qui frappe ( légèrement) de sa badine les passants imprudents..

Saint-Nicolas mon bon patron,
apportez-moi des macarons
Des mirabelles pour les demoiselles,
Des coups d’bâton pour les garçons.


merville18.jpg
Vous ne pouvez pas consulter les fichiers insérés à ce message.
Que trépasse si je faiblis !
Gardez espoir .
Guitare Bastien Burlot numéro1 Spéciale anniversaire(2014)
Pappalardo à cordier(1982) et quelques autres ...

alainfrédéric
Messages : 71
Inscription : mer. 09 mars 2016, 11:40

Re: EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar alainfrédéric » mer. 23 novembre 2016, 23:19

Merci pour le défrichage et la mise en lisibilité, je vais regarder ça luth en mains...
S'agit-il du même Herbert de Cherbury (1583-1648) que celui qui est l'auteur du De veritate (1624), commenté (sévèrement) par Descartes dans une lettre à Mersenne du 16 octobre 1639?
Si c'est le cas, on dispute de la vérité entre luthistes (puisque Descartes lui-même "touchait le luth" -lequel? renaissance ou baroque? je ne sais pas)

Avatar de l’utilisateur
Marieh
Messages : 3728
Inscription : dim. 22 mars 2009, 22:01

Re: EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar Marieh » jeu. 24 novembre 2016, 08:58

Merci Roger pour l'anecdote. Autrefois, les escholiers se prenaient des coups de bâton aujourd'hui c'est des coups de poing dans la figure ou des tirs de flash-ball. On a peu évolué finalement...

alainfrédéric a écrit :Descartes lui-même "touchait le luth

C'est vrai, il disait même : "Je pince donc je suis". :roll:

Avatar de l’utilisateur
Roger Traversac
Messages : 431
Inscription : dim. 09 novembre 2008, 15:36

Re: EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar Roger Traversac » jeu. 24 novembre 2016, 13:34

Merci à tous ! Oui, on a peu évolué ... J'ignorais que Descartes en pinçait pour le luth. Superbe photo ! Pour Cherbury, oui, il faut bien distinguer deux des cinq frères :
George Herbert (1593-1633) le plus connu et l'aîné le futur " Lord Herbert of Cherbury " (j'ai trouvé 1581-1648), poète métaphysicien ( d'après Dryden, Johnson) qui nous intéresse pour cette pièce musicale. Oui, c'est bien lui qui publie " Du réel " - certainement " De veritate " en langue anglaise, je présume, à Paris, livre qu'il n'aurait pu faire imprimer en Angleterre. J'ignorais que Descartes l'avait sévèrement commenté dans une lettre à Mersenne ; merci bien pour l'information intéressante !
illustration de la fête des fous de Robida de 1907 jointe. il précise que " l'écolier du XVI ème siècle qui nous intéresse est homme d'épée. Aux processions, aux fêtes, il a déjà des allures de soldat ; quand il marche dans les cérémonies, avec les maîtres et les régents de ses collèges, on dirait un régiment de lansquenets aux chausses tailladées, qui défile fièrement derrière ses tambourins et ses enseignes. "
Par ailleurs, " dans les mémoires du maréchal de Bassompierre, nous pouvons trouver le programme des études pour gens de qualité à la fin du XVI ème siècle :
A 5 ans le rudiment ; à 8 ans écriture, danse, LUTH, grammaire latin ; à 15 ans, escrime, combat à la barrière, rhétorique, logique, physique, espagnol ou italien, équitation, fortification, etc.
A cette époque vont fleurir les académies où les jeunes gens, après les humanités, vont achever leur éducation et apprendre la politesse, la danse, un peu de MUSIQUE, beaucoup d'équitation et le plus possible d'escrime. "
Vous ne pouvez pas consulter les fichiers insérés à ce message.

Avatar de l’utilisateur
Roger Traversac
Messages : 431
Inscription : dim. 09 novembre 2008, 15:36

Re: EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar Roger Traversac » sam. 26 novembre 2016, 13:05

Accès gratuit au livre d'Albert Robida que l'on peut télécharger :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k99759k

Bon lecture à tous !

Avatar de l’utilisateur
Valéry Sauvage
Messages : 7187
Inscription : sam. 03 février 2007, 15:41
Localisation : Poitou

Re: EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar Valéry Sauvage » sam. 26 novembre 2016, 19:05

Si je peux me permettre, on m'a raconté une histoire Belge (véridique).
Lors de la Saint Nicolas, on demanda à deux gendarmes de tenir en laisse l'âne de St Nicolas durant la procession festive en ville. La tradition veut que l'on offre à boire (de la bière) à ceux qui défilent. Les gendarmes, après la première bière, décidèrent de s'abstenir, mais ne pouvant refuser les verres offerts (ce qui aurait passé pour un affront) les faisaient boire à l'âne. Jusqu'à ce que ce dernier, totalement ivre, entre dans une maison dont la porte était ouverte, s'affale sur le canapé et régurgite tout le liquide sur le tapis qui en fut coloré d'une ravissante couleur verte...
Sic transit gloria mundi !
Carpe diem, quam minimum credula postero. (Horace)

Avatar de l’utilisateur
Roger Traversac
Messages : 431
Inscription : dim. 09 novembre 2008, 15:36

Re: EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar Roger Traversac » dim. 27 novembre 2016, 03:22

Merci bien ! C'est très amusant ! C'est assez proche de l'histoire de la mule de Rabelais extraite du Moyen de Parvenir :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6212479b/f40.item
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6212479b/f41.item
l'imprimeur commun à Rabelais et le luthiste Guillaume Morlaye, Michel Fezandat (orthographié " Faisandal " ici) est nommé. Cet imprimeur avait pour devise " ne la mort ne le venin/ni la mort ni le venin ".

Avatar de l’utilisateur
Roger Traversac
Messages : 431
Inscription : dim. 09 novembre 2008, 15:36

Re: EN ME REVENANT/Tablature de luth Renaissance

Messagepar Roger Traversac » lun. 28 novembre 2016, 00:48

MULE DE RABELAIS.jpg
Voici le texte joint :
Vous ne pouvez pas consulter les fichiers insérés à ce message.


Revenir vers « Luths, guitare baroque et renaissance »

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : CommonCrawl [Bot] et 1 invité