Tablature-notation

Doigtés, analyse, tempo, styles et histoire des oeuvres pour guitare classique. Le droit de citation en matière de musique vous permet de communiquer des extraits audio ainsi que des extraits de partition.
diablosuelto
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Tablature-notation

Message par diablosuelto » dim. 15 septembre 2013, 08:40

Amusante polémique sur les tablatures- personnellement je trouve que ni la notation "académique" ni la tablature ne donnent une réelle indication du rythme -du moins de l'intention exacte de l'auteur puisqu'en notation standard il y a bien une durée relative des notes indiquée Pour prendre un exemple" sons de carillhoes " joué sans les syncopes perd tout caractère(à mon avis). Je me souviens d'une amie pianiste classique confirmée jouant "martha my dear" en déchiffrant à vue le résultat évoquait Mozart ayant fumé un joint ...En ce qui concerne Dadi et les tablatures puisqu'il est évoqué j'ai eu la chance de prendre des cours avec lui dans les années 70 et les tablatures étaient pour lui un complément une façon de permettre à ses élèves de retrouver ce qu'ils avaient entendu rien ne remplaçant la transmission par l'exemple Je pense que les trois se complètent :l'audition pour entendre la pièce vivante- la partition pour les indications de jeu et pourquoi pas la tablature pour le doigté indicatif. Je ne peux pas m'empêcher de penser que pour certains la maitrise du solfège est vécue comme le signe d'appartenance à une caste supérieure et qu'il y a chez eux une certaine condescendance envers les "pauvres" qui sont réduits à lire de vulgaires tablatures
ou me trompe-je ?

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Valéry Sauvage
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Re: Hommage à Villa-Lobos de R. Dyens : 4é mvt

Message par Valéry Sauvage » dim. 15 septembre 2013, 09:58

diablosuelto a écrit : Je ne peux pas m'empêcher de penser que pour certains la maitrise du solfège est vécue comme le signe d'appartenance à une caste supérieure et qu'il y a chez eux une certaine condescendance envers les "pauvres" qui sont réduits à lire de vulgaires tablatures
ou me trompe-je ?
Bien exprimé... attention au retour de manivelles des sus-visés... Personnellement je renvoie à l'exemple de Dowland et Weiss, qui, bien que maitrisant parfaitement le solfège, on laissé leurs oeuvres pour luth en tablatures...
Carpe diem, quam minimum credula postero. (Horace)

Romaric Holler

Re: Hommage à Villa-Lobos de R. Dyens : 4é mvt

Message par Romaric Holler » dim. 15 septembre 2013, 15:54

diablosuelto a écrit :Je ne peux pas m'empêcher de penser que pour certains la maitrise du solfège est vécue comme le signe d'appartenance à une caste supérieure et qu'il y a chez eux une certaine condescendance envers les "pauvres" qui sont réduits à lire de vulgaires tablatures
ou me trompe-je ?
Prenons quelques exemples:

-Vous êtes pilote d'avions de ligne mais vous trouvez que mesurer l'altitude en pied est une aberration et témoigne de l'arrogance des fabricants d'avion car dans votre pays on mesure en mètre.
Cependant, effectivement, les quelques tours de contrôle de votre pays vous donneront les altitudes d'approches en mètres et là vous serez favorisé par rapport aux autres pilotes. Malgré tout l’essentiel des échanges de données utilisent le pied. En attendant à chaque atterrissage sur un aéroport international c'est une épreuve.
Que faites-vous ? Vous niez la réalité ? Vous vous adaptez ? Vous restez confiné aux aéroport de votre pays d'origine au risque de perdre des opportunités professionnelles ?

-Vous êtes étudiant en commerce international. Vous ambitionnez de trouver un emploi dans l'échange de pétrole. Quelle langue apprenez-vous en premier ? Le russe, l'espagnol, l'arabe ? Ou l'anglais. Sans surprise ce dernier choix est le meilleur. En plus de vous ouvrir des portes dans tous les pays il est la langue "professionnelle" du secteur pétrolier ( pipeline, off-shore, derrick -non pas l'inspecteur :D - ).
Cependant, connaitre une langue, l'espagnol par exemple, vous permettra d'enlever des marchés aux Venezuela à vos concurrents. Il est clair que maitriser la langue des gens avec qui vous conversez et commercez est un plus indéniable.
L'idéal serez de maitriser toutes les langues de l'OPEP, mais dans ce cas vous deviendrez linguiste et pas business man ( encore que...).

Les notes de musique c'est pareil.


{mode psychologue de comptoir a deux francs ON}
Un vieil adage de la sagesse populaire énonce: " qui peut le plus peut le moins". Le système de notation standard est plus complexe que la tablature. Il est préférable de l'acquérir en premier pour des raisons de commodité.
{mode psychologue de comptoir a deux francs OFF}

Après l'argument, qui porte à faire croire que celui qui défend la notation standard se sent supérieur ressemble étrangement a une attaque ad hominem.
A cela je répondrais simplement:
-même si je me sentais supérieur ou inférieur cela ne changerait rien à l'état de fait que la notation standard est le système d'écriture de la musique le plus répandu sur terre. De la même manière quoique vous pensez de Ptolémé, Euclide et cie la terre est ronde. C'est un fait. Euclide était peut-être un type imbuvable et alors ?

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Valéry Sauvage
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Re: Hommage à Villa-Lobos de R. Dyens : 4é mvt

Message par Valéry Sauvage » dim. 15 septembre 2013, 17:35

Je ne pense pas que tu sois personnellement visé Romaric, mais quand on lit les discussions tablature versus notation, il y a parfois une certaine condescendance, de plus venant souvent de gens qui ne lisent pas la tablature.
Je te rejoins dans le sens de dire qu'il faudrait maîtriser les deux systèmes (d'où mon allusion à Dowland ou Weiss dont c'était le cas, mais qui pour leur instrument n'ont pas hésité à choisir le mode d'écriture le plus adapté..., à resituer dans le contexte : accords variables, public concerné etc...).
Le problème est qu'à l'heure actuelle, le monde de la guitare classique est parfois "hostile" à la tablature, qui offre, pour certains pratiquants des avantages. (aide au déchiffrage, rapidité de lecture etc...) Les deux ne sont pas incompatibles, ni ennemis, loin de là. Il faudrait enfin les voir comme des modes complémentaires peut-être.
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Romaric Holler

Re: Hommage à Villa-Lobos de R. Dyens : 4é mvt

Message par Romaric Holler » dim. 15 septembre 2013, 20:40

Valéry Sauvage a écrit :Je ne pense pas que tu sois personnellement visé Romaric, mais quand on lit les discussions tablature versus notation, il y a parfois une certaine condescendance, de plus venant souvent de gens qui ne lisent pas la tablature.
Je te rejoins dans le sens de dire qu'il faudrait maîtriser les deux systèmes (d'où mon allusion à Dowland ou Weiss dont c'était le cas, mais qui pour leur instrument n'ont pas hésité à choisir le mode d'écriture le plus adapté..., à resituer dans le contexte : accords variables, public concerné etc...).
Le problème est qu'à l'heure actuelle, le monde de la guitare classique est parfois "hostile" à la tablature, qui offre, pour certains pratiquants des avantages. (aide au déchiffrage, rapidité de lecture etc...) Les deux ne sont pas incompatibles, ni ennemis, loin de là. Il faudrait enfin les voir comme des modes complémentaires peut-être.

Je pense qu'il est fondamental que la guitare "classique" ne s’écrive pas en tablature. C'est essentiel. Évidemment, dans le cas d'un bluesman qui veut jouer seulement asturias ou jeux interdits... Mais, je m'oppose radicalement et suis hostile à ces méthodes entières en tablature. Le but est le racolage commercial en bradant le savoir et en le dénaturant, en le vidant de sa moelle. J'en ai précisé les raisons plus-haut.
Quand on veut faire de la guitare classique, et que l'on veut l'éducation musicale et artistique la plus complète on ne peut se passer de la notation standard aujourd'hui.
La méthode de transmission est essentielle au contenu de l’œuvre. On ne peut pas faire l'impasse dessus. Si l'on veut lire du Goethe et le comprendre dans toutes ses dimensions ( si ce n'est pas en soi utopique comme programme ) on apprend l'allemand.

De ce point de vue je suis hostile à la tablature. Mais il n'y a pas d'arrogance, d'élitisme ou je ne sais quoi d'autre....

Si j'enseigne du Jimi Hendrix ou du traditionnel Irlandais en open tuning ( ce qui m'arrive régulièrement ) je serais tout autant hostile à la notation standard qui n'apportera pas grand chose. Personnellement je déchiffrerai la tablature et pas les notes.
Mais, si je dois par exemple arranger une section de cuivre dans une chanson de Jimi ou intégrer des violons dans un pipe band ce sera en notation standard... A un moment ou un autre on est confronté à ce système d'écriture alors autant l'apprendre directement.

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Isabelle Frizac
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Re: Hommage à Villa-Lobos de R. Dyens : 4é mvt

Message par Isabelle Frizac » dim. 15 septembre 2013, 21:19

++++1)
Je te cite :"Le but est le racolage commercial en bradant le savoir et en le dénaturant, en le vidant de sa moelle. . :okok:

Je suis entièrement d' accord avec toi , Romaric!

C' est hélas ce que je constate de plus en plus , sous le fallacieux prétexte " d' ouvrir la culture musicale à tous" , on est en train de fabriquer une sous-culture qui risque de devenir plus tard LA référence . :shock:
ce n' est pas spécifique à la guitare , malheureusement . :evil:

je le constate ( avec les enseignants ) également à l' école primaire où je suis intervenante en musique : on fait du "saupoudrage culturel" , on inculque de vagues notions en histoire ( surtout pas de chronologie ) entre autre ...


:(
Que trépasse si je faiblis !
Gardez espoir .
Guitare Bastien Burlot numéro1 Spéciale anniversaire(2014)
Pappalardo à cordier(1982) et quelques autres ...

philson
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Re: Hommage à Villa-Lobos de R. Dyens : 4é mvt

Message par philson » dim. 15 septembre 2013, 22:30

Je vois que le sujet est encore triturer dans tout les sens pour arriver à ce qui ne changera plus.

La tablature pour luth, qui aujourd'hui est plus une tradition, une convention voir un certain snobisme afin de perdurer une forme d'écriture qui probablement disparu de nos jour et qui soit dit préserve ainsi une certaine culture. Ce choix par Marcel Dadi n'est pas sans raison, lui-même était un bon musicien pour ne pas avoir choisi ce mode d'écriture par hasard. Il permet à une personne ne connaissant rien à la musique de savoir où placer ses doigts afin d'avoir les notes qu'il entend sur un support sonore, et qu'importe la notation rythmique, puisque qu'elle est entendu, il suffit de la reproduire.

La notation traditionnelle actuelle est tout à fait précise et n'est pas qu'un interprétation relative des valeurs de notes, pour cela on peut indiquer la valeur de temps, exemple 160 à la noir. Il y a tout les signes et ponctuations que nous connaissons pour indiquer les expressions. Le reste c'est de l'interprétation.Pour certains concours il est parfois donné des morceaux imposés qui ont été composés spécialement afin que personne ne puisse être avantagé s'il avait eu connaissance du morceau. Et bien, on s'aperçoit que tout le monde joue ces morceaux d'une façon très proche pour ne pas dire plus.

Doit-on garder les deux notations, je pense que oui, et d'abord pour nos amis Luthiste qui son un peu les gardien d'un certain savoir, encore oui si de jeunes guitaristes veulent s'essayer et se faire plaisir, passé 2 ans, je dis non. La guitare a mis plusieurs générations pour se faire reconnaître et lutte encore pour se faire complètement admettre. Nous ne pouvons pas avoir deux mode de notation. Nous ne pouvons pas imposer aux autres musiciens de connaître une autre forme d'écriture que celle qui est Universelle pour le prétexte un « confort » anti-solfège.

Bon musique (sous toutes ses formes)

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Valéry Sauvage
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Re: Hommage à Villa-Lobos de R. Dyens : 4é mvt

Message par Valéry Sauvage » lun. 16 septembre 2013, 06:36

petit bout de la lorgnette, encore et encore, la voix du "conservatoire"... mais l'approche de l'amateur qui n'envisage pas d'être un pro, de jouer en orchestre, et qui veut juste se faire plaisir en jouant quelques airs classiques ? Votre propos sous entend que c'est dévaloriser VOTRE instrument et en même temps vous dévalorisez ceux qui s'y intéressent sans passer par la voie "Royale" de l’enseignement académique. Vision étroite et méprisante... Ce message précédent en est une bonne démonstration. Hélas mais ça finit par me mettre en rogne (j'écris ici en tant que membre, pas en tant que modérateur bien entendu). (quand au soit disant snobisme des luthistes... laissez moi rire. la paille et la poutre ?).
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Re: Hommage à Villa-Lobos de R. Dyens : 4é mvt

Message par Bernard Corneloup » lun. 16 septembre 2013, 08:38

Je me demande si on ne va pas finir par déplacer tout ça en direction d'un sujet déjà ouvert sur les tablatures.
A quoi bon polémiquer sur ce sujet? Qu'est-ce que ça apporte?
Comme le dit Romaric, ce sont des pratiques qui correspondent à des sphères musicales différentes, socialement ou historiquement.
Tout ça ferait sans doute bien rire Roland Dyens, il me semble, car c'est une personne qui est tout sauf sectaire. Et sans doute aussi Villa-Lobos, autodidacte non-académique qui a fait pour son pays et la musique plus et mieux que tout académicien ou théoricien.
Pratiquons notre instrument, quel qu'il soit, et tâchons de jouer le mieux possible.
L'homme qui n'a pas de musique en lui et qui n'est pas ému par le concert des sons harmonieux est propre aux trahisons, aux stratagèmes et aux rapines (William Shakespeare, Le marchand de Venise) | élève du cours en ligne D07

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Re: Tablature-notation

Message par Valéry Sauvage » lun. 16 septembre 2013, 08:45

Sujet déplacé... ça dérive trop depuis la question initiale sur la pièce de Dyens.
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gilles T
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Re: Tablature-notation

Message par gilles T » lun. 16 septembre 2013, 17:21

Bonjour à tous,

Je crois que, comme sur bien d'autres sujets à polémique, il va être difficile de faire changer les convaincus de chaque camp...
Pour ma part, j'ai toujours déchiffré sans problème au piano et beaucoup plus difficilement à la guitare. Quand j'ai voulu travailler un peu plus la guitare, je suis donc allé en priorité vers les tablatures, jusqu'à ce ce que je me rende compte que ça me faisait perdre plus de temps que ce que j'espérais en gagner.
Aujourd'hui, je déchiffre donc les partitions de guitare en solfège, et je suis relativement largué lorsque je tente de déchiffrer une tablature d'une oeuvre que je ne connais pas.
Pourquoi ? Pour une raison toute simple, dont je m'étonne qu'elle n'ai pas été évoquée jusqu'à présent :
Le solfège est un langage, la tablature est une signalétique.
Et, quoi qu'on fasse, un langage est infiniment plus riche, polysémique, expressif qu'une signalétique.

Je ne rejette donc pas les tablatures, et j'admets même leur supériorité dans le cas du répertoire pour luth, pour des raisons de légitimité historique et de logique du geste instrumental (ce qui ne m'empêche pas de continuer à me casser les doigts sur les Dowland en accordage guitare, tout ça par simple flemme de désaccorder mon sol en fa dièse). Mais pour tout le reste, je maintiens que le solfège est un langage et, qu'en tant que tel, il est plus riche. Libre à ceux qui le veulent de dénoncer je ne sais quel "complexe de supériorité" ; je me bornerais à rappeler que, bien au contraire, le solfège est une simplification de la communication entre musiciens, et non pas un truc élitiste pour embêter les pauvres petits autodidactes...

Je ne sais pas si certains d'entre vous ont essayé de jouer des morceaux, même très simples, avec des gens sympathiques qui ne lisent ni solfège, ni tablature et n'ont pas la moindre idée du chiffrage d'un accord : bonjour le temps perdu ! Et la qualité du résultat musical ! Alors qu'une simple indication comme "on joue une anatole en ré suivie d'un turnaround sur des accords à quatre sons", qui peut paraître élitiste ou absconce, permet de faire de la musique tout de suite, si tant est que les partenaires possèdent une base solfégique minimum, bref qu'ils parlent le même langage.

Il faut en finir avec ce lieu commun du solfège qui serait un truc académique brimant la spontanéité : en musique, il ne peut y avoir de spontanéité, de musicalité et d'invention, que sur la base de conventions qu'on apprend pour mieux s'en affranchir. Ca vaut aussi pour plein d'autres disciplines, à mon avis.

Hexa-Cordialement,
Gilles

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Laurent Tamata
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Re: Tablature-notation

Message par Laurent Tamata » mar. 17 septembre 2013, 00:09

Bonjour,

J ai étudié d nombreuses années le solfège, la théorie, la clarinette et le saxophone au conservatoire, et je lis les tablatures comme les notes. étant en cours d apprentissage de la guitare classique, le solfège m est bien utile. Mais je ne pense pas que l un soit mieux que l autre ou à privilégier.

Relativisons, il s agit de moyens, et pas de fins.

Il est vrai que le conservatoire est plutôt conservateur, et un peu méprisant des autres techniques d apprentissages que celles qu il préconise, ne parlons même pas de l avis des a académiques à propos des autodidactes...

Et pourtant, Tommy Emmanuel ne lit pas une note et ne déchiffre pas une tablature, et John Lennon ne connaissait rien à l harmonisation... C est peut être même cette absence de culture académique et donc formatée qui donne á l un son feeling et á l autre sa créativité.

Ces constats appellent à la modestie es méthodes ! On peut aussi constater que le solfège n est pas le mode de lecture le plus pratique pour la guitare, preuve en est que sur les partitions nous sommes obligés d ajouter des indications pour les doigts, les cordes, les barrés etc... Ce qui n'est pas le cas des autres instruments.

Pour qu un musicien du niveau de Dadi, qui ne se situe pas dans la facilité, remette á l ordre du jour les tablatures, c est qu elles sont sans doute dignes d intérêt ;-)

Bonne soirée,
Laurent
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Jean-Pierre Salaün
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Re: Tablature-notation

Message par Jean-Pierre Salaün » mar. 17 septembre 2013, 09:31

Bonjour Laurent,
Merci pour ton témoignage, simple, précis, concis. Rien à rajouter.
https://www.youtube.com/user/jpsalaun

Guitare Antonio Marin 2010, cordes Savarez Cantiga creation
Guitare Masaru Kohno 1980, cordes Savarez Cantiga creation
Guitare Alhambra 10P 2004, cordes Savarez Cantiga creation

Romaric Holler

Re: Tablature-notation

Message par Romaric Holler » jeu. 19 septembre 2013, 11:34

J'aime pas trop répondre en utilisant les multi-citation. Je ne trouve pas cela très élégant... Mais bon je vais me le permettre exceptionnellement.
gilles T a écrit :(...)
Le solfège est un langage, la tablature est une signalétique.
Et, quoi qu'on fasse, un langage est infiniment plus riche, polysémique, expressif qu'une signalétique. (...)
Non, les deux sont des signalétiques. Qu'une vous parle plus, et c'est aussi mon cas, c'est une chose mais les deux sont aux même rang pour ainsi dire. Que la notation standard soit plus élaboré, riche et complexe tient au fait que plus de gens la pratique ( tous les musiciens contre seulement les guitaristes et "associés" pour la tablature ) et surtout plus de diversité instrumentale et de formations diverses de musiciens. Mais, en soi, c'est exactement la même chose.

Apprendre à "lire" la musique c'est apprendre à associer trois éléments:
- discriminer la hauteur de son
- l'associer à un geste musical
- l'associer à une représentation graphique ou visuelle ( geste de chef d'orchestre, apprentissage maître/élève dans certaines culture par le geste qui appel un son, une musique ...).
Notons que l'on peut aller à l'envers: une graphie appelle un geste qui appel un son. Ou alors encore dans un autre sens: un geste appel un son qui appel une représentation graphique. C'est le but d'un cours de "solfège" ( et il y a des solfèges jazz, rock ). En tous cas le but d' un solfège orienté "instrument".
gilles T a écrit :(...)
Je ne rejette donc pas les tablatures, et j'admets même leur supériorité dans le cas du répertoire pour luth, pour des raisons de légitimité historique et de logique du geste instrumental (ce qui ne m'empêche pas de continuer à me casser les doigts sur les Dowland en accordage guitare, tout ça par simple flemme de désaccorder mon sol en fa dièse). Mais pour tout le reste, je maintiens que le solfège est un langage (...)
La musique est un langage, le sens en moins. Le "solfège" est un procédé d'écriture comme la tablature, un autre alphabet tout simplement. La notation standard apprise en cours de solfège permet des choses plus aisément là où la tablature sera un handicap ( exemple aller comprendre la structure d'une fugue de Bach ou d'un thème et variation en tablature. Faites un arrangement du piano à la guitare...etc ). Inversement, la tablature à des qualités indéniables par exemple des lors que la musique est pensé "guitare" (prenez un sole de D.Reinhardt ou du J.Hendrix et bon courage avec la notation standard :) ).
La grammaire en musique ce serait le style, les périodes: rock, blues, romantique, dodécaphonique etc...
gilles T a écrit : Je ne sais pas si certains d'entre vous ont essayé de jouer des morceaux, même très simples, avec des gens sympathiques qui ne lisent ni solfège, ni tablature et n'ont pas la moindre idée du chiffrage d'un accord : bonjour le temps perdu ! Et la qualité du résultat musical ! Alors qu'une simple indication comme "on joue une anatole en ré suivie d'un turnaround sur des accords à quatre sons", qui peut paraître élitiste ou absconce, permet de faire de la musique tout de suite, si tant est que les partenaires possèdent une base solfégique minimum, bref qu'ils parlent le même langage.
Là ce n'est pas une annotation, c'est une indication verbale.

Certaines cultures n'ont jamais eu le soucis de développer l'écriture de la musique. N'empêche qu'ils arrivent à créer de superbes œuvres musicale et parfois d'une complexité qui coupe le souffle des occidentaux que nous sommes. Tous comme, leurs contes et légendes n'ont rien à envier aux nôtres ( d'ailleurs cela n'a pas de sens... ). La seule chose, c'est qu'ils ne pourront que très très rarement nous les communiquer et donc nous ne pourrons en apprécier la beauté. Notamment car ils ne les écrivent pas et donc ces contes, mythes, musiques et autres disparaissent dans la nuit des temps.
gilles T a écrit : Il faut en finir avec ce lieu commun du solfège qui serait un truc académique brimant la spontanéité : en musique, il ne peut y avoir de spontanéité, de musicalité et d'invention, que sur la base de conventions qu'on apprend pour mieux s'en affranchir. Ca vaut aussi pour plein d'autres disciplines, à mon avis.
Là par contre je suis complètement d'accord :)


Laurent Tamata a écrit :Bonjour,

J ai étudié d nombreuses années le solfège, la théorie, la clarinette et le saxophone au conservatoire, et je lis les tablatures comme les notes. étant en cours d apprentissage de la guitare classique, le solfège m est bien utile. Mais je ne pense pas que l un soit mieux que l autre ou à privilégier.
Tous dépend de ce que l'on veut jouer
Laurent Tamata a écrit : Relativisons, il s agit de moyens, et pas de fins.
Non, c'est là où on se trompe. Pour essayer encore de faire comprendre la différence prenons l'exemple d'un compositeur. Il existe deux grandes manière de composer:
- à la table ( sans instruments, juste avec son cerveau et ses oreilles ).
- à l'instrument. ( là aussi avec son cerveau et ses oreilles mais pas que...)
On dissocie les deux dans un but pédagogique ou d'analyse mais dans les faits les choses sont moins radicales ( ceux qui composent "à la table" ont bien appris au moins un instrument à leurs débuts ).
Dans les deux cas et surtout dans le premier, la graphie est un outil primordial qui génère de la création et de l'inspiration. L'écrivain devant sa page ( et le fameux syndrome de la page blanche ) ou encore l'écriture automatique des surréalistes, ici et là, la technique d'écriture est constitutive de ce que l'on nomme l'inspiration. A l’extrême le support peut-être l’œuvre d'art, par exemple le cadre est l’œuvre d'art et le tableau n'est qu'un "prétexte".
La façon dont l'ont écrit ( ou pas ) la musique conditionne plus ou moins le résultat sonore.
De la même manière, composer une œuvre pour une guitare ne donnera pas le même résultat que pour un piano ( pour le même individus donné bien sur ).
Quand on ecrit un thème et variation, la variation est souvent "cosmétique" ou dit autrement, de surface. Elle ne varie pas la structure fondamentale du thème. La plupart du temps elle varie avec une technique instrumentale ( par exemple jouer le thème en trémolo, technique spécifique de la guitare ). Là l'inspiration vient en grande partie des possibilités instrumentales. Ou alors elle utilise un procédé d'écriture ( jouer le thème en double croche, et en triolet, en majeur/mineur etc.... ). Même si à chaque étape le compositeur place le résultat sonore comme but ultime et comme objectif, le procédé d'écriture à sa part et n'est pas qu'un simple moyen.

Dans certains cas il est impossible d'avoir recours à la tablature ou aux notes. Ou alors l'utilisation des ces procédés d'écriture sont de moindre maux. C'est surtout valable pour les musiques issues de cultures très différentes. L'écriture est une approximation utile mais tellement imparfaite qu'il est préférable d'apprendre de vive voix, par imitation ces musiques.
Si ces cultures avait eu recours a une forme d'écriture de la musique il serait alors hautement préférable de l'apprendre. C'est ce que j'ai voulu faire comprendre quand je disais qu'il faut lire du Goethe en allemand. Ce n'est pas du snobisme ni de l'élitisme même si pour certains cela peut en avoir les apparences :) .

Voilà pourquoi il est nécessaire d'apprendre l'alphabet le plus adapté à l’œuvre.



Laurent Tamata a écrit :
Il est vrai que le conservatoire est plutôt conservateur, et un peu méprisant des autres techniques d apprentissages que celles qu il préconise, ne parlons même pas de l avis des a académiques à propos des autodidactes...
C'est le propre de toutes institutions ? On pourrait dire la même chose de l'académie française, de l'apprentissage du français à l'école et du langage des banlieues. Cependant et entre nous, je pense qu'il est préférable qu'un jeune soit capable de parler autrement qu'en langage de loulou ! Question de réussite professionnelle....
Je dirais même que c'est humains. Certains musiciens de flamenco, manouche, blues, rock, classique, hard .... sont odieux. La musique n'en a que faire...
Laurent Tamata a écrit : Et pourtant, Tommy Emmanuel ne lit pas une note et ne déchiffre pas une tablature, et John Lennon ne connaissait rien à l harmonisation... C est peut être même cette absence de culture académique et donc formatée qui donne á l un son feeling et á l autre sa créativité.
Les goût et les couleurs cela ne se discute pas. Mais désolé, J.Lennon n'est pas le parangon de la créativité harmonique, loin de là. C'est objectif. Après on peut aimer ou pas c'est une autre affaire. Mais c'est un peu comme dire que Mac do c'est de la gastronomie fine. Mais entre nous, j'aime bien mac do aussi... :D
Laurent Tamata a écrit : Ces constats appellent à la modestie es méthodes ! On peut aussi constater que le solfège n est pas le mode de lecture le plus pratique pour la guitare, preuve en est que sur les partitions nous sommes obligés d ajouter des indications pour les doigts, les cordes, les barrés etc... Ce qui n'est pas le cas des autres instruments.
Et le piano ? Et le violon ? On indique aussi des doigtés mais pour le violon il n'existe pas d'équivalent de la tablature. La tablature n'existe que parce que la guitare a des cases. Il existe aussi une forme de tablature pour la flûte ou le piano mais alors bonjour le résultat. En musique dite "classique" la partitions est préférable à la tablature. Ce qui n'est pas vrai pour le rock par contre qui est pensé "guitare" !
Laurent Tamata a écrit :
Pour qu un musicien du niveau de Dadi, qui ne se situe pas dans la facilité, remette á l ordre du jour les tablatures, c est qu elles sont sans doute dignes d intérêt ;-)
Oui les tablatures sont dignes d'intérêt !
Après, Dadi avait un but de démocratiser l'instrument, il y a réussi et tant mieux pour lui et son portefeuille ( et le mien,car il participe de l'engouement pour la guitare :D faut pas être hypocrite, un musicien ne vit pas que d'amour, d'eau fraîche et de la manche dans le métro :lol: ).
Cependant, et c'est assez drôle mais je trouve que le fingerpicking c'est mieux en notation standard qu'en tablature. C'est plus immédiat on visualise mieux les voix ( notamment la walking bass ) surtout si on est habitué aux positions des accords et à les lires. Mais bon, question d'habitude bien sur.

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maud
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Re: Tablature-notation

Message par maud » jeu. 19 septembre 2013, 13:18

Je ne saurais être aussi complète que Gilles, mais ici je présente un point de vue personnel.

J'ai appris à lire les notes de musique avant même de savoir lire les mots et sincèrement je ne pense pas que cela ait fait de moi une meilleure interprète ou musicienne. Je préfère en général jouer des partitions en notation classique. Sauf que l'année dernière j'ai joué des partitions de luth avec 4 ème en fa# et capo en 3 sur des partitions en tablature renaissance et que j'ai trouvé ça au final bien pratique, certes il y a eu un léger temps d'adaptation mais je trouvais cela très adapté au projet musical qu'il y avait derrière.
Avec la notation classique je trouve qu'il y a plus de place à l'interprétation (sur certaines œuvres choix des cordes notamment) mais c'est très personnel, je trouve les tablatures presque trop mathématiques. Si les tablatures permettent à certains d'aborder la musique en étant décomplexés tant mieux. Mais je trouve que la musique nécessite un véritable effort et le solfège au final pas si compliqué.
La notation musicale est universelle et permet à tout instrumentiste de pouvoir lire la partition d'un autre.
Guitares : Manuel Rodriguez Mod B Cedar, Esteve 9 CB Cedar, Amalio Burguet AB cedar
Fin 3ème cycle.
Morceaux du moment : Sor variations sur un air de Mozart, Villa Lobos Choros 1, Vivaldi concerto in D, Brouwer canciun de cuna

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