Cours D08 : Tárrega, Francisco - Capricho Árabe - Analyse

Les cours de guitare classique sont gratuits. Ils sont destinés à l'amateur isolé qui n'a pas la chance d'avoir un professeur. Demandez votre inscription au groupe élèves pour intégrer la classe.
Règles du forum
Les cours de guitare classique sont gratuits. Ils sont destinés à l'amateur isolé qui n'a pas la chance d'avoir un professeur. Demandez votre inscription au groupe élèves pour intégrer la classe.

PDF, MP3, Vidéos, Cours : Niveau D01 - Niveau D02 - Niveau D03 - Niveau D04 - Niveau D05 - Niveau D06 - Niveau D07 - Niveau D08 - Niveau D09 - Niveau D10 - Niveau D11 - Niveau D12.

IX Catalogues des PDF, MP3 et Video des forums Delcamp.
Avatar de l’utilisateur
Clément Pic
Compositeur
Messages : 1923
Inscription : dim. 22 juillet 2007, 19:33
Localisation : Lille

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Clément Pic » sam. 22 septembre 2007, 15:31

celime a écrit : Je m'étonne que tu ne te risques pas à exploiter ces résultats pour fournir un jugement de valeur (comparatif) et aussi donner des conseils pour bien interpréter cette pièce (que j'aime pas trop...).
Parce le choix c'est la piste suivante:
Forese a écrit : Conjecture vers l’architecture.
Tarregà est né la même année que l’architecte Antoni Gaudi (1852-1926). Il est considéré comme le représentant de l’art nouveau espagnol, le modernismo.
Entre 1883 et 1885, est bâti, sur les plans de Gaudi, le Capricho Arabe. Il y aurait expérimenté à cette occasion la fusion entre la musique et l'architecture. Le véritable nom de cet édifice est Villa Quijano. Gaudi y a mélangé des éléments arabes avec un style néogothique. Sur les vitraux, des animaux jouent de divers instruments..
La pièce de Tarrega aurait été écrite entre 1880 et 1905. Il n’est donc pas impossible qu’il y ait un rapport entre cette pièce et le bâtiment de Gaudi.
Le modernismo se caractérise par sa profusion ornemental, tout comme son homologue français l’art nouveau. Musicalement, il faudrait plutôt aller chercher du coté d’Albéniz que de Tarregà. Mais dans le capricho arabe, on s'aperçoit que les ornementations ont une place et une fonction très importante.
Je ne me permettrai pas de donner des conseils d'interprétations, parce que je trouve que bien des gens sont, et de beaucoup, plus et mieux qualifié que moi pour le faire. Ni fournir de jugement de valeur. J'accepte volontier de comparer des pièces et des écritures, mais cela me sert à montrer leur spécificité.
Bien sur, je me repète, cela est un choix. D'autre sont possibles.
In cobbles I trust.
In bescherelle I must trust.

Grivemusicienne

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Grivemusicienne » dim. 23 septembre 2007, 12:09

Félicitations pour ce travail.

Je rejoins certains en regrettant que tu n'aies pas pris pas le risques d'en conclure quelques conseils d'interprétations.

123guitare

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par 123guitare » dim. 23 septembre 2007, 14:51

Grivemusicienne a écrit :Félicitations pour ce travail.

Je rejoins certains en regrettant que tu n'aies pas pris pas le risques d'en conclure quelques conseils d'interprétations.

j'avoue que je ne tecomprend pas grive-musicienne, moi il me semblait que le travail de forèze devrait servir de base à un débat, une discussion.... moi le rapport de forèse m'est bien hermétique, donc je ne me sens pas qualifié pour en discuter

pourtant bien des questions que je me suis toujours posé sur cette pièce demeurent :

l'introduction m'a toujours parue comme un cheveux sur la soupe : 12 mesures en 3:4 alors que le reste de la pièce est en 4:4 ???
et qui tranchent sur le reste

une espèce d'échantillon de virtuosité ???

il me semblait que les conseils d'interprétation pourraient venir de "tout le monde" en conclusion de débat
pas en préliminaires

je me trompais ??

Grivemusicienne

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Grivemusicienne » dim. 23 septembre 2007, 22:24

L'analyse d'une oeuvre pour guitare est très pertinante lorsqu'elle apporte de la maturité à une interprétation.
Je vais m'expliquer :mrgreen: :

Si dans une musique, on a un passage en diminution rythmique, avec une augmentation de l'ambitus, on risque de faire un cresecendo! C'est un exemple où l'analyse profite à l'interprétation.

Si on a un trajet harmonique qui va du Ier degré au Vème, on aura probablement un crescendo aussi!

Les appogiatures (comme notes de passages, pas les petites notes rachitiques!) sur les temps forts sont accentuées! et la résolution diminuée! C'est le fameux levée-accentuation-désinence (tellement fréquent chez les classqiue).



A propos du Capricho Arabe, on peut se pencher sur la gamme ré-mi-fa-sol-la-sib-do#-ré.
Le do# est la note la plus expressive. Cette sensible l'est davantage que dans un contexte de gamme mineur mélodique ascendante à cause de l'intervalle de seconde augmenté sib-do#. On prêtera alors attention au do#, on l'accentura peut-être, on le vibrera plus! Mesure 11 en est un bel exemple!

On peut tenir le raisonnement à propose de la neuvième, note très expressive: le sib sur la basse la mesure 18 , et mib sur le ré mesure 20 (de plus il y a un point d'orgue sur le mib!)

Mesure 17, on a un arsis (la montée mélodique dont le point culminant est le fa) et un thésis (la descente). Cet arc s'execute logiquement avec un soufflet!

Vois-tu 123guitare comment l'analyse, exercice fastidieux, peut se révéler payant et profitable!




Quant à l'intro, ce n'est pas que de la virtuosité. La virtuosité est omniprésente.
Les harmoniques me font penser à une cloche (ou a une cymbale, une percussion résonnante), et les traits qui suivent, à un prélude non-mesuré au oud!

Avatar de l’utilisateur
Prélude
Messages : 2424
Inscription : lun. 31 octobre 2005, 14:31

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Prélude » dim. 23 septembre 2007, 22:56

Grivemusicienne, maintenant que tu as commencé, tu es condamné(e) à poursuivre :!: :P :wink:
(...si possible...)
Guitare Prélude Maurice Dupont 2002
"La musique commence là où s'arrête le pouvoir des mots". Wagner

123guitare

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par 123guitare » dim. 23 septembre 2007, 23:07

Grivemusicienne a écrit : Vois-tu 123guitare comment l'analyse, exercice fastidieux, peut se révéler payant et profitable!
ah non !!!
pour le moment je ne vois rien du tout :D
je ne comprend que couic !

mais je te remercie d'avoir dressé ce topo je vais
regarder ça avec attention

merci

Grivemusicienne

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Grivemusicienne » dim. 23 septembre 2007, 23:13

Prélude a écrit :Grivemusicienne, maintenant que tu as commencé, tu es condamné(e) à poursuivre :!: :P :wink:
(...si possible...)
Merci je vais y songer.

J'ai du me tromper pour les terme arsis-thésis mais là il est tard je vaisau dodo.

123guitare

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par 123guitare » lun. 24 septembre 2007, 06:53

Grivemusicienne a écrit :J'ai du me tromper pour les terme arsis-thésis mais là il est tard je vaisau dodo.
et se coucher tard,
nuit

comme disait un célèbre guitariste !

Martinuz

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Martinuz » lun. 24 septembre 2007, 11:26

Grivemusicienne a écrit :Cet arc s'execute logiquement avec un soufflet!
un soufflet ?
Kézako ?

Avatar de l’utilisateur
Jean-François Delcamp
Administrateur
Messages : 7898
Inscription : dim. 30 mai 2004, 21:49
Localisation : Brest - France

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Jean-François Delcamp » mar. 25 septembre 2007, 14:50

Bonjour Forese,
je trouve ton cours excellent, j'ai appris beaucoup, quel travail tu nous livre !
merci Monsieur :merci:

J'ai l'impression que ton analyse correspond à l'exigence actuelle des conservatoires. Peux tu situer le niveau ?
Pour ma part je n'ai pas été si loin, bien que l'analyse m'intéresse beaucoup.

Pour ceux qui ne peuvent pas passer par l'enseignement d'un conservatoire, ton cours est très précieux, et puis il donne un exemple à partir d'une pièce que les guitaristes doivent absolument connaitre.

Jean-François
:( + ♫ = :)

Avatar de l’utilisateur
Jean-François Delcamp
Administrateur
Messages : 7898
Inscription : dim. 30 mai 2004, 21:49
Localisation : Brest - France

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Jean-François Delcamp » mar. 25 septembre 2007, 14:52

Martinuz a écrit :
Grivemusicienne a écrit :Cet arc s'execute logiquement avec un soufflet!
un soufflet ?
Kézako ?
:idea: c'est la forme du crescendo < qui ressemble à un soufflet
:( + ♫ = :)

Pizz

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Pizz » mar. 25 septembre 2007, 15:26

Jean-François Delcamp a écrit : Pour ceux qui ne peuvent pas passer par l'enseignement d'un conservatoire, ton cours est très précieux, et puis il donne un exemple à partir d'une pièce que les guitaristes doivent absolument connaitre.
:okok: entièrement d'accord !
Forese, je découvre ton travail pas à pas : je n'ai jamais travaillé le Capricho Arabe :wink:
(il y a tant de tentations dans notre magnifique répertoire) et
ton analyse m'accompagnera tout au long de mon étude.
L'analyse musicale ne m'est pas du tout familière, et j'apprécie d'autant ton
initiative !
J'ai particulièrement apprécié le parallèle avec l'architecture, pouvoir situer
Tarrega dans son époque et ses tendances. Je perçois déjà le Capricho d'une
manière totalement différente. C'est très intéressant !

:ouioui: beaucoup, beaucoup de recherche et travail... un investissement
précieux et sur le long terme pour :delcamp_ cool: et tous les membres. Chacun aura plaisir à
découvrir à souhait, et à son rythme.
Forese a écrit : Je ne me permettrai pas de donner des conseils d'interprétations, parce que je trouve que bien des gens sont, et de beaucoup, plus et mieux qualifié que moi pour le faire. Ni fournir de jugement de valeur. J'accepte volontier de comparer des pièces et des écritures, mais cela me sert à montrer leur spécificité.
Bien sur, je me repète, cela est un choix. D'autre sont possibles.
Pour les conseils d'interprétation, à chacun justement d'apporter ici ses pistes,
ses impressions, sentiments, émotions... et les partager. :discussion:

:bravo:

ninjasan

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par ninjasan » mar. 25 septembre 2007, 21:13

Bonjour à tous,

je fais partie de ces béotiens qui font de la prose sans le savoir,
qui essayent de parler musique sans sa grammaire.

Et tout à coup Forese nous ouvre grand les portes-fenêtres sur le monde,
nous qui tatonnions les yeux bandés dans notre quartier tranquille sans conscience.

Forese nous projette une pleine lumière, nous envoie en orbite avec vue sur l'Univers,
les grands mécanismes de la matière sont là, visibles, dévoilés, et l'on voit qu'il y a là
quelque savant ordonnancement qui nous échappe,
mais dont on sait qu'ils fait bouger les galaxies dans le bon sens et que la couleur du soleil est chaude et belle.

Le vertige de toutes ces questions que l'on découvre est alors infini,
mais de nous l'avoir fait connaitre est déjà la première réussite de Forese
et de celles et ceux qui ici nous montrent nos premières planètes.

Merci

Christophe

Maurice
Messages : 546
Inscription : sam. 23 septembre 2006, 12:54
Localisation : Lyon

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Maurice » mer. 26 septembre 2007, 23:07

bonjour,
merci de nous faire partager vos connaissances, c'est vraiment intéressant et impressionnant.
puis je oser une question sur le titre de ce morceau : il me semble que ce morceau ressemble beaucoup à un autre morceau de Tarrega : Danza Mora, la similitude entre ces deux titres ne peut pas être une simple coïncidence (???).
Il y a un autre air qui me fait penser au capricio c'est Mallorca d'Albeniz, existe-t-il un rapport entre eux au point qu'on puisse soupçonner l'un de s'être inspirer de l'autre (???) ou était-ce dans l'air du temps ?
Maurice

Marchand Frédéric

Re: Analyse: Tarrega, Capricho Arabe

Message par Marchand Frédéric » jeu. 27 septembre 2007, 02:07

Bonjour Zeno,

Votre remarque est très pertinente et mérite un prolongement.

"Mallorca" n'est certes pas le meilleur exemple de composition d'Albeniz pour effectuer un rapprochement avec le "Capricho Arabe" de Tarrega. Mais il a le mérite de nous ramener à Albeniz et à d'autres compositeurs espagnols de cette période si prolifique (XIX-début XX).

Il faut savoir qu'il a existé un style de musique que les musicologues espagnols nomment "El Alhambrismo" (l'Alhambrisme) qui fait référence évidemment à Grenade (et notoirement à l'Alhambra mais pas seulement) comme source d'inspiration. Les principaux leaders de ce courant furent Tomas Breton, Ruperto Chapi, Jesus Monasterio. A titre d'exemple, citons les oeuvres les plus connues de ces compositeurs:
- En la Alhambra Serenata (Bretón),
- Fantasía Morisca (Chapí),
- Adiós a la Alhambra" (Monasterio)

Evidemment Tarrega faisait partie de ce courant. En premier avec son "Capricho arabe" qui fut sa première oeuvre publiée, rappelons-le, et qui l'a fait connaître et apprécier immédiatement. Cet oeuvre fut d'ailleurs dédiée à Tomas Breton qu'il avait en haute estime. Ensuite vinrent les compositions suivantes :
- Recuerdos de la Alhambra, que l'on ne présente plus,
- Danza Mora, (Danse Maure)
- Danza Odalisca (Danse odalisque) à rapprocher de la peinture orientaliste; (le terme à l'origine désigne une esclave attachée au service du harem du sultan).

Au passage, je vous laisse le soin d'apprécier le nombre de fois où il fait référence à la culture arabe, à son apport, qui a été respecté et intégré en Andalousie : l'Alhambra, le mieux conservé et le plus ancien des plus beaux palais arabes au monde (classé 'Unesco), "maure" pour la danse, "odalisque" encore pour évoquer l'inspiration arabe. Cette répétition de titres arabisant et orientalistes n'est quand même pas une coïncidence.

Curieusement, le "Capricho Arabe" et la sérénade de la "Fantasia Morisca" de Chapi comportent des similitudes dans leurs structure. Et les deux sont des sérénades.

Pour terminer, revenons à celui qui nous a servi de fil conducteur, Albeniz. Il a écrit de nombreuses oeuvres dont beaucoup ont été transcrites pour la guitare. Parmi les oeuvres dont le titre évoquent Grenade et l'arabisme, citons : "Zambra granadina" (de la Suite morisca 1889), "Granada" 1886, "La Alhambra" 1897, "Serenata árabe" 1883, El Albacin (vieux quartier juif de Grenade) etc

Pour rendre un dernier hommage à Tarrega, c'est le Capricho qui a été joué à son enterrement par 3 orchestres de musiciens, le 20 décembre 1915 dans la ville de Castellon.

Et contrairement à la règle habituelle, une fois n'est pas coutume, le capricho a été transcrit pour le violon, petits orchestres, et même pour le piano par le compositeur catalan Manuel Burges sous le titre "Sérénade arabe". C'est dire l'importance de cette composition qu'à mon sens aucun guitariste ou amateur de sons à 6 cordes ne peut ignorer.

Pour moi, le Capricho est une oeuvre majeure du répertoire, d'un très grand raffinement où on trouve pratiquement tous les sentiments et humeurs tour à tour exprimés : mélancolie, légèreté, douceur, gaieté, gravité. C'est un plaisir sans cesse renouvelé de le jouer car il ouvre beaucoup de possibilités d'expression et d'interprétations selon l'humeur du moment, grâce précisément à une écriture précise et raffinée contenue dans une structure que notre ami Forèse a largement et bien décrit. Pour l'apprécier, il suffit d'écouter les nombreuses interprétations disponibles et de faire son choix. Elles sont pratiquement toutes intéressantes, de la plus dépouillée et minimaliste à la plus expressive, preuve de la qualité de l'oeuvre. C'est comme au théatre, on joue la même pièce tous les soirs, mais ce n'est jamais la même pièce.

Et pour ceux qui ne l'ont pas encore abordée et qui maintenant ressentent un appel irrésistible, j'ai le sentiment que même en la jouant à un rythme beaucoup plus lent, elle révèle encore tout son charme et son raffinement.

Chacun a le droit de préférer telle ou telle évocation pour s'inspirer dans son interptétation. Pour ma part, je reste attaché à l'évocation de Grenade, à l'Andalousie et ses parfums.

Pour nourrir ces lignes et vous faire partager ma passion du "Capricho Arabe", je me suis servi de l'excellent site espagnol que voici. http://guitarra.artelinkado.com/guitarr ... _arabe.htm à qui revient tout le mérite de ces éclaircissements.

J'imagine que nos amis du forum espagnol pourraient facilement rajouter à ces lignes. Qu'ils ne s'en privent pas !

Rien de mieux que de remonter aux sources originales.

Au passage, je remercie Monsieur Christian Fabre, mon professeur de guitare, d'avoir eu le talent de me faire connaître et apprécier le "Capricho" dès mes plus tendres années de guitare.


Frédéric

PS: j'aurais bien ajouté une image de Grenade ou de l'Alhambra à partir de mon pc, mais je ne n'ai pas trouvé la bonne manipulation.
Dernière modification par Marchand Frédéric le lun. 22 octobre 2007, 12:16, modifié 1 fois.

Revenir à « Cours de guitare classique en ligne »